Rencontres Choregraphiques Newsletter
Rencontres Choregraphiques 2010
MAR 25 MAI / 22:00 >> L'Echangeur / Bagnolet
MER 26 MAI / 22:00
JEU 27 MAI / 20:30
IOANNIS MANDAFOUNIS & FABRICE MAZLIAH & MAY ZARHY
Voir l'image >>

IOANNIS MANDAFOUNIS & FABRICE MAZLIAH & MAY ZARHY Grèce/ Suisse/Israël/Allemagne
"ZERO"
60 minutes
:: création ::


Conception, mise en scène, interprétation : Ioannis Mandafounis, Fabrice Mazliah, May Zarhy
Son : Johannes Helberger








« Si vous essayez de laisser de côté le désir de comprendre ce que vous voyez, que reste-t-il à regarder ? ». C'est autour de cette question que Fabrice Mazliah, Ioannis Mandafounis et May Zarhy ont organisé la perception de leur nouvelle pièce, ZERO – s'en servant de ligne directrice pour brouiller l'identification des gestes effectués. Le résultat de cet effet-zéro n'est pas à rechercher du côté de l'abstraction, mais au contraire du dérèglement d'une logique familière.

Dans ZERO, on a toujours l'impression d'être à deux doigts de comprendre, de reconnaître ce qui se joue, de saisir le processus en cours. Si une relation, l'amorce d'un lien physique se noue entre deux individus, c'est pour être aussitôt suspendue, interrompue par une diversion, un écho perturbateur. Chaque partie des corps semble absente à elle-même, interchangeable ; les interprètes paraissent décollés de leur propre moi, et les sons du quotidien flotter à côté de leurs objets. Bouleversant les rapports de causalité qui organisent le sens d'une action, les trois performers provoquent des frictions inattendues, souvent drôles – des états absurdes, d'improbables croisements. La déconnexion entre ce qu'on voit, ce qu'on entend et ce qu'on comprend produit une attention accrue aux moindres signaux, au plus petit détail.

« Que reste-t-il à regarder ? » : un fourmillement d'actions, un paysage de situations discontinues, gagnées par un mouvement de répétition et de substitution des rôles. ZERO pose la question de savoir ce qu'il reste quand tout a été effacé – quand ne subsiste du corps qu'une enveloppe détachée de toute inscription, de toutes racines. Une pure prolifération de signes déliés, ou l'invention d'une nouvelle logique ? La réponse est à trouver dans les failles de ce mécano chorégraphique dont le mode d'emploi semble avoir été écrit à l'envers – les images de ce puzzle aux pièces agencées de manière rigoureuse et surprenante.


If you tried to put aside the wish to understand what you see, what is left to watch? What could be the feeling then? Working in a collaboration of three, Ioannis Mandafounis, Fabrice Mazliah and May Zarhy depart from the notion of memory and its correlation to identity to research the condition in which the body is used only as a tool by removing purpose and functionality. Questioning what is left in the absence of past and the accumulation of knowledge – that is the absence of a coherent logic – the absence of sense. With this choreographic object ZERO, they explore a place of nothingness, creating a landscape of erratic, discontinuous and non-temporal situations.


Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Arts 276 – Festival d'Automne en Normandie, Künstlerhaus Mousonturm (Francfort), Pact Zollverein (Essen), Kunstenfestivaldesarts (Bruxelles). Avec le soutien de la Forsythe Company, de la Loterie Romande, de la Ville de Genève et de la République et Canton de Genève.





Parcours de Ioannis Mandafounis & Fabrice Mazliah & May Zarhy

Ioannis Mandafounis
(Athènes, 1981) étudie la danse à l'école Nationale d'Athènes et au Conservatoire de Paris. Après avoir été danseur au Gothenburg Opera Ballet et au Nederlands dans theater II, il crée la Lemurius company en 2004 et présente plusieurs travaux au Athens Dance festival ou au Kalamata international festival. Il intègre ensuite la Forsythe Company en 2005. Parallèlement à son travail d’interprète, il crée, avec Fabrice Mazliah, P.A.D. (2007) et HUE, produit par la Forsythe Company pour le Bockenheimer Depot.

Fabrice Mazliah (Genève, 1972) se forme à l’Ecole de danse de Genève, à l'école Nationale d'Athènes et au Rudra Béjart Atelier à Lausanne. Danseur pour la compagnie Harris Mandafounis Dance Company, puis au Nederlands dans theater, il entre en 1997 sous la direction de William Forsythe, d’abord au Ballett Frankfurt puis à la Forsythe Company. En parallèle, il développe son propre travail chorégraphique et présente The magic of understanding (1999), My left Pussyfoot (2000), Vu d'ici (2001), Du dire au faire... (2003) ; Remote Versions (2003) et Double B(l)ind (2004) - deux pièces en collaboration avec Agnes Chekroun et Jone San Martin, produites par le Frankfurt Ballett pour le Bockenheimer Depot, puis Home (2004) en collaboration avec Roberta Mosca et l’artiste visuel Gilbert Mazliah, A part entière (2005) et suivent P.A.D. (2007) et HUE avec Ioannis Mandafounis.

May Zarhy (1984) vit et travaille à Tel Aviv (Israël). Après avoir créé sa première pièce pour la Biennale Shades in Dance 2001 à Tel Aviv, elle part étudier à la Rotterdam Dance Academy (Pays-Bas) en 2002. Elle poursuit sa formation à Ex.e.r.ce à Montpellier, après avoir assisté William Forsythe pour la création de Three Atmospheric studies en 2005. Elle a été artiste en résidence à PACT Zollevrein à Essen (Allemagne) en 2007, et a créé plusieurs pièces présentées en Allemagne et aux Pays-Bas.