SHOSHO de Kubilai Khan investigations

au Colombier jeudi 21 décembre 19h30

 

Dans le cadre de Play►ground – résidence artistique
soutenue par le Département de la Seine-Saint-Denis

ShoshO
toute chose est un parlement de lignes


Gratuit sur réservation obligatoire
01 43 60 72 81 / reservation@lecolombier-langaja.com


Jeudi 21 décembre 2017 à 19h30
Le Colombier, 20 rue Marie-Anne Colombier 93170 Bagnolet (Métro 3 Gallieni)

 

Dans ce grand nombre de choses qui ne passe que « par corps » se dessine un espace d’interpénétration qui atténue l’idée de séparation et ouvre des passages. Suivant cette optique, je voudrais associer Musique & Danse comme un double corps pour profiter des qualités expressives propres à chacun de ces médiums. Sur ce plan s’ouvrent des agencements, des montages et des raccords entre ces éléments de langage et dispose un corps dans ses variables facultés. Corps et structures polyphoniques qui esquissent un questionnement ouvert sur notre éthique environnementale comme trame : quand nos souffles s’emmêlent et se mêlent à l’atmosphère. Cette perspective facilite des terrains d’écoutes différenciées, des glissements de places et des franchissements de seuils. Elle sonde les différents environnements humains et non humains, les champs de la pensée et de l’action, les phénomènes d’ondes, de voix, de spectralité, ce qui partage et distingue le visible et
l’invisible, l’audible et l’enfoui. ShoshO fabrique d’infinies boucles de co-détermination, co-suscitation entre le lieu, le temps et les publics. Ce lieu ne nécessite pas les caractéristiques et éléments techniques d’une scène conventionnelle.
Et si l'on suivait l’enchevêtrement de lignes ; peut être alors un buissonnement, où s’offrent des sentiers moins prédictibles...


Frank Micheletti
 

À l'issue de la représentation

Chorale Parlement de Montreuil - restitution des ateliers artistiques menés par Marine Colard auprès de participants du centre social Espéranto de Montreuil. Cet « orchestre de paroles » travaille à partir d’un corpus de récits et de témoignages sur la vie quotidienne dans les quartiers du Morillon et de Bel Air. Autour d’un principe de partition, la chorale devient une création vocale, corporelle et musicale qui rend compte des regards que les habitants portent sur leur environnement.

Rencontre-débat avec Michel Lussault, géographe, directeur de l’Institut français de l’éducation (Lyon) depuis octobre 2012, ancien président du Conseil supérieur des programmes de l’université de Lyon, auteur de nombreux articles et ouvrages scientifiques. Pour la clôture de cette résidence, la compagnie propose une rencontre-débat autour des arts, sciences et société civile pour replacer l’art dans une pensée transversale.

 

La compagnie Kubilai Khan investigations est soutenue par le Département de la Seine-Saint-Denis, les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et Le Colombier.
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès, de la SACD et la ville de Montreuil.

 

Parcours de Kubilai Khan investigations

À 20 ans d’existence et plus de 30 créations représentées en France et dans plus de 60 pays, Kubilai Khan investigations s’est affirmée comme une plateforme de créations plurielles, une fabrique de dynamiques artistiques de l’échelle locale à l’échelle internationale. Depuis les côtes du Mozambique jusqu’à la baie de Tokyo, glissant d’un fuseau horaire à l’autre, activant aussi bien les transversalités de langages artistiques que les questionnements culturels.

Le projet artistique ne cesse d’interroger l’espace/monde en mutations, d’en sonder les transformations en cours, d’observer la naissance continue du réel et de ses représentations par la rencontre entre arts, territoires et publics. Une dynamique internationale est expérimentée par les diffusions mais plus encore, par les nombreuses résidences et créations effectuées sur place (à ce jour plusieurs pièces ont été créées et répétées en dehors de nos frontières avec des collaborations locales au Japon, Ghana, Mozambique, Argentine, Mexique, Chili, Bulgarie, Pologne, Indonésie).

En favorisant la perspective « aller/retour », faisant se croiser une implication locale et des projets à l’international, Kubilai Khan investigations a pu inscrire de véritables synergies de rencontres, démultiplier ses points de vue et faire contribuer de nombreux regards et paroles en se déployant sur des territoires diversifiés. Des déplacements, des rapprochements, dans « l’usage du mond » comme l’a formulé Nicolas Bouvier.Cette perspective « aller/retour » nous permet de développer dans plusieurs villes en France et sur notre terrain d’adoption, Toulon et sa région, cet élan d’ouvertures en impulsant des propositions multiples dans l’espace public. Formes inédites, trajets, parcours composés in situ, qui invitent le public à renouveler son regard sur le tissu social et la place de nos corps dans la ville.

À l’heure où de multiples réseaux s’entrecroisent, des nœuds stratégiques de flux, transferts et mobilités ultrarapides, dans ce monde multi-polaire qui se dessine, cette dynamique de déplacements reste pour nous un terrain privilégié pour observer les processus de modernisation de plus en plus transitoires, modifiables et contingents, pour observer et écouter les nouveaux usages et visages de ce qui vient.

Depuis sa création, la compagnie a été « artiste associé » auprès de différentes structures et de leur territoire (CNCDC Châteauvallon à Ollioules, Pôle Sud à Strasbourg, l’Arsenal de Metz, La Comédie scène nationale de Clermont-Ferrand, le Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France). En 2011-2013, la compagnie a été en résidence au Théâtre Paul Eluard à Bezons. Depuis 2016, Elle est associée aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et le Théâtre du Beauvaisis, et aussi au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.

Nous développons et avons alors développé dans une relation à la ville, à son urbanité, à son tissu social, des formes spécifiques et appropriées. Nous avons aussi défini des outils de transmission et de rencontres auprès des publics. Nous avons cherché des formulations de nos pratiques qui s’intensifient dans la réalité collective de nos vies quotidiennes. Des corps en présence soucieux d’une relation en prise directe avec la ville.

Comme une micro-politique, comme une micro-géographie, la danse comme un médium de déplacement, de dépassement, un déclencheur d’expériences. Aujourd’hui, Kubilai Khan investigations poursuit son voyage à travers les formes et les plateaux, continue d’hybrider les gestes, de déplacer les lieux de présentation de la danse, des musiques, pour trouver de nouveaux regards. Pièces chorégraphiques, parcours dans les villes, performances in situ, nouvelles constellations... autant d’empreintes sensibles et engagées, de points de vue sur le monde.

 

Frank Micheletti - Chorégraphe
Né en 1966 - France  

 
Il reçoit une formation de théâtre avec Jean-Pierre Raffaelli, travaille avec Hubert Colas et Isabelle Pousseur, puis  décide de s’orienter vers la danse.   
Avant de créer la compagnie Kubilai Khan investigations, Frank Micheletti a accompagné Joseph Nadj sur plusieurs créations en tant que danseur (Le Canard pékinois, Les Echelles d'Orphée, l'Anatomie d'un fauve, Woyzek, Commedia Tiempo, Les Commentaires d'Habacuc) et en tant qu’assistant à la mise en scène pour Le Cri du caméléon réalisé pour le Centre National des Arts du Cirque. D’autres collaborations parallèles se construisent : participation au Crash Landing : séries d'improvisations initiées par Meg Stuart au Théâtre  de la Ville.
 
En 1996, il fonde avec Cynthia Phung-Ngoc, Ivan Mathis et  Laurent Letourneur, la compagnie Kubilai Khan Investigations, et signe comme directeur artistique les pièces du groupe: Wagon zek, dépôt 1 (1996),  Wagon zek, dépôt 2 (1997), S.O.Y. (1999), Tanin no Kao et Yumé (2001), Mecanica popular (2002), Sorrow love song (2004), Gyrations of barbarous tribes - création franco-mozambicaine (2005-2006), Ona  to otoko, Mondes, Monde - Solo, Koko Doko et Akasaka research (2006), Coupures, Mondes, Monde - version quatuor, Maputo, je suis arrivé demain (2007), Constellations temps fort pluridisciplinaire sur 3 jours (2007-2009-2012) et Geografía (2008). Espaço contratempo (2009/2010), Archipelago (2010/2011), Around Us (2011), Tiger tiger burning bright (2012), comme la main s’enroule (2012), Volt(s)Face#1 et Mexican Corner (2013), Your ghost is not enough (2014), Bien sûr les choses tournent mal(2015), no.W.here (2016)..
En 2009, il crée le festival Constellations à Toulon, annuel depuis 2012.

En 2007, Frank Micheletti est nommé Artiste associé pour trois années à la Comédie, scène nationale de Clermont- Ferrand ainsi qu’à L’Arsenal de Metz pour deux ans. En 2008, la compagnie s'inscrit dans le projet «Tremblay, territoire(s) de la danse”, en partenariat avec le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France. en 2016, il entame avec la compagnie deux nouvelles résidences, avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis,  le théâtre du Beauvaisis à Beauvais, les Salins, scène nationale de Martigues, et fut artiste associé de 1999 à 2001 à Châteauvallon.
En 2009, il est accueilli à la Villa Kujoyama de Kyoto, en résidence de recherche et de création.