Renato Mangolin
Brésil

Alice Ripoll

aCORdo

  • Mercredi 22 mai 2019  • 19h
  • Jeudi 23 mai 2019  • 19h

    La Dynamo de Banlieues Bleues

quatuor • 30 min

2 représentations par jour :
1ère séance à 19h (complet le 22 mai) / 2ème séance à l'issue du dernier spectacle

ENGLISH

The contact between different social groups, between rich and poor, is often minimal. The existence of the other is sometimes even totally invisible. Theater visitors are usually at a safe distance from crime and chaos, within a social order. However, the enforcement of that order is accompanied by oppression and intimidation. In aCORdo, four performers turn the existing hierarchies and relationships between attendees inside-out through movement and interaction. In a subtle and seemingly innocent manner, a new order arises in which both dancer and spectator must inevitably reorient themselves.

 

 

Répondant au départ à l'invitation à participer à une exposition autour de l'héritage laissé à Rio de Janeiro après la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques, Alice Ripoll a choisi de penser la ville à partir des danseurs avec lesquels elle travaille depuis huit ans et qui vivent dans les favelas, et signe une pièce engagée. En choisissant pour titre aCORdo, la chorégraphe fait ainsi référence à « l'accord » entre la Cour suprême, l'armée et des politiciens, supposé avoir fait tomber la Présidente du parti des travailleurs, Dilma Rousseff, mais aussi « la couleur de » tant il est vrai qu'au Brésil la frontière qui sépare blancs et gens de couleurs est toujours considérable.

Pour commencer, Alice Ripoll fait surgir une image puissante qui rappelle les corps qui aujourd'hui hantent les grandes villes, SDF et migrants.

Les quatre danseurs, d'abord au sol, finissent par se lever et danser, quatuor tournoyant, parfois chacun dans sa bulle, parfois ensemble, en accord ou en opposition. Jusqu'à ce que le « spectacle » bascule et que le public soit vraiment confronté à leur existence. On n'en dira ici pas plus, mais ce qui s'apparentait à une forme étrange et potentiellement ludique devient une pièce profondément politique, où le spectateur est soudain aux prises, sans intermédiaire, avec une situation vécue à répétition par la population des bidonvilles, mise à l’écart et soupçonnée. On peut aisément transposer la scène sous nos latitudes et le miroir ainsi tendu bouscule. « Notre organisation sociale permet d’ignorer totalement l’existence de certains d’entre nous : celui qui vient réparer votre chauffage, faire le ménage dans votre bureau ou vous servir un café. aCORdo expose leur invisibilité, leur soumission et questionne la peur du spectateur de remettre en question ces positions préétablies » affirme ainsi la chorégraphe.

Cela dure trente minutes mais ces trente minutes se gravent dans la mémoire, dérangeantes et fortes.

Conception : Alice Ripoll

Interprètes : Alan Ferreira, Leandro Coala, Romulo Galvão, Tony Hewerton

Assistant : Anita Tandeta

Soutiens : Centro Coreográfico da Cidade do Rio de Janeiro, Rafael Machado Fisioterapia (Brésil)

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès