Paroles de chorégraphes

Conférences

 

Trois chorégraphes invités dont l’esthétique de travail fait écho aux thématiques soulevées par l’exposition Détours programmée à l’École des Beaux-Arts de Paris proposent un échange autour de leur création.

 

CINDY VAN ACKER
lundi 12 mai de 17h à 19h

 

MYRIAM GOURFINK
mercredi 14 mai de 14h à 16h

 

DANIEL LINEHAN
mercredi 4 juin de 14h à 16h

 

À l’École nationale supérieure des Beaux-Arts
14 Rue Bonaparte, 75006 Paris
Métro Saint-Germain-des-Prés, ligne 4
Entrée libre – Ouvert à tout public

 

Avec le soutien de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts

Parcours de Daniel Linehan

Né en 1982 à Seattle, Daniel Linehan est un danseur et chorégraphe américain. Après quatre années passées à New-York, il poursuit à Bruxelles un travail de recherche au sein de PARTS, l’école d’Anne Teresa de Keersmaeker. Il est interprète pour Miguel Gutierrez et le Big Art Group, Mark Haim et Wil Swanson. Il collabore avec Michael Helland pour plusieurs duos, présentés à New York, Philadelphie et Montréal. En 2007-2008, il est artiste en résidence à Movement Research (New York). Son travail s’appuie sur les ressources du langage pour enrichir un questionnement mené sur le mouvement. Il crée le solo Digested Noise en 2004 (Dance Theater Workshop, New York), le quintette The Sun came (Triskelion Arts, Brooklyn), et Human Content Pile, pour quatre danseurs (The Kitchen, New York), en 2006. Le solo Not About Everything, créé en 2007 au Dance Theater Workshop de New York, lui accorde pour la première fois une visibilité française, en 2008, dans le cadre de sa programmation aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis. La pièce tourne alors dans plus de cinquante salles dans le monde. En 2009, le duo Montage for Three est lui aussi présenté dans le cadre des Rencontres chorégraphiques, ainsi que la création Zombie Aporia, en 2011. Depuis 2012, Daniel Linehan est artiste en résidence à l'Opéra de Lille et artiste associé au deSingel d'Anvers.

Parcours de Myriam Gourfink

Les techniques respiratoires du yoga fondent la démarche de Myriam Gourfink. L’idée est de rechercher la nécessité intérieure qui mène au mouvement. Guidée par le souffle, l’organisation des appuis est extrêmement précise, la conscience de l’espace ténue. La danse se fait lente, épaisse, dans un temps continu. Cette connaissance du mouvement et de l’espace permet de concevoir des chorégraphies, sans travail en atelier. Grâce à ce qu’elle subodore d’une situation dansée, nul besoin de se mouvoir pour ressentir la danse : les sens et l’intellect la reconstituent. Comme les musiciens, elle utilise une écriture symbolique pour composer l’univers géométrique et l’évolution poétique de la danse. Ayant étudié la Labanotation avec Jacqueline Challet Haas, elle a entrepris à partir de ce système une recherche pour formaliser son propre langage de composition. Chaque chorégraphie invite l’interprète à être conscient de ses actes et de ce qui le traverse. Les partitions activent sa participation : il fait des choix, effectue des opérations, fait face à l’inattendu de l’écriture, à laquelle il répond instantanément. Pour certains projets, les partitions intègrent au sein de l’écriture, des dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération en temps réel, de la composition pré-écrite : le programme gère l’ensemble de la partition et génère des millions de possibilités de déroulements. Les interprètes pilotent, via des systèmes de captation, les processus de modification de la partition chorégraphique, qu’ils lisent sur des écrans LCD. Le dispositif informatique est ainsi au coeur des relations d’espace et de temps. Il permet, au fur et à mesure de l’avancement de la pièce, la structuration de contextes inédits. Figure de proue de la recherche chorégraphique en France, mais également invitée par de nombreux festivals internationaux (Springdance à New York, Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, Festival de La Bâtie à Genève, Festival Danças Na Cidade à Lisbonne), Myriam Gourfink a été artiste en résidence à l’IRCAM en 2004-2005 et au Fresnoy-studio national des arts contemporains en 2005-2006. De janvier 2008 à mars 2013 elle a dirigé le Programme de recherche et de composition chorégraphiques (PRCC) à la Fondation Royaumont.