© Sem Brundu
France

Kubilai Khan investigations

no.W.here

  • Lundi 23 mai 2016  • 20h 30
  • Mardi 24 mai 2016  • 20h 30
  • Mercredi 25 mai 2016  • 20h 30

    Le Colombier

pièce pour 2 danseuses et 2 musiciens • 50 minutes [création]

 

SOIRÉE PARTAGÉE AVEC MARCO D'AGOSTIN

ENGLISH

 

no.W.here draws a strange curve of the representations’ plans, this duo observes and probes the little space left for bodies beyond conventions, it suggests ways of being and thinking of oneself which do not reproduce a relationship to the power of norms or a continuation of codes. Would it be possible for the diverging gestures to escape the control of categorisation ?

    Le chorégraphe Frank Micheletti n’aime rien tant que la polysémie, celle des mots, celle des sons et des lumières, celle des corps.


    Son nouvel opus, no.W.here, duo pour deux magnétiques et troublantes danseuses, observe et sonde le peu de place du corps hors de ses conventions et suggère des manières d’être et de se penser qui ne reproduisent pas un rapport à la puissance des normes, à une perpétuation des codes, explorant des rapports singuliers, comme des parades sauvages.


    Pas d’identités assignées, pas de « lieux uniques » mais des flux, des mouvements, des lignes de fuite, des points de rupture, des points tournant comme des respirations suivant la trajectoire d’un courant plus vif. Ici, le corps et le monde ne sont pas des propriétés mais des relations.


    « L’évidence du monde est provisoire », aime à rappeler Frank Micheletti. Reste à en jouer, à essayer de créer un tremblé et une vibration, à chercher les puissances d’agir qu’il recèle, par les corps bien sûr, qui essaient de trouver le plus de raccordements possibles avec ce qui les entoure, mais aussi par l’espace, le temps, les objets, les artefacts.


    « C’est à notre sol, silencieux et naïvement immobile, que nous rendons ses ruptures, son instabilité, ses failles », préfaçait Michel Foucault dans Les mots et les choses. C’est aussi l’ambition de cette pièce dans laquelle, comme toujours, le chorégraphe s’attache à la pluralité des mondes, à leurs interconnections, à la déconstruction des hiérarchies auxquelles nous sommes habitués. Dans no.W.here, rien, jamais, ne se fixe nulle part.

Chorégraphie et conception : Frank Micheletti
Danseuses : Viktoria Andersson, Sara Tan
Création lumières : Ivan Mathis
Musique en direct : Frank Micheletti et Jean-Loup Faurat

Production : Kubilai Khan investigations
Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Théâtre du Beauvaisis
Résidences : CNCDC Châteauvallon, Théâtre Liberté (Toulon), Le Colombier (Bagnolet), Pôle Sud — Centre de développement chorégraphique (Strasbourg)

 

La Compagnie Kubilai Khan investigations est soutenue par le département de la

Seine-Saint-Denis

 

 

Avec le soutien d’Arcadi Île-de-France

 

 

La SACD soutient et valorise le travail de collaboration entre programmateurs artistiques ou directeurs et chorégraphes

       

 

Parcours de Kubilai Khan investigations

À 20 ans d’existence et plus de 30 créations représentées en France et dans plus de 60 pays, Kubilai Khan investigations s’est affirmée comme une plateforme de créations plurielles, une fabrique de dynamiques artistiques de l’échelle locale à l’échelle internationale. Depuis les côtes du Mozambique jusqu’à la baie de Tokyo, glissant d’un fuseau horaire à l’autre, activant aussi bien les transversalités de langages artistiques que les questionnements culturels.

Le projet artistique ne cesse d’interroger l’espace/monde en mutations, d’en sonder les transformations en cours, d’observer la naissance continue du réel et de ses représentations par la rencontre entre arts, territoires et publics. Une dynamique internationale est expérimentée par les diffusions mais plus encore, par les nombreuses résidences et créations effectuées sur place (à ce jour plusieurs pièces ont été créées et répétées en dehors de nos frontières avec des collaborations locales au Japon, Ghana, Mozambique, Argentine, Mexique, Chili, Bulgarie, Pologne, Indonésie).

En favorisant la perspective « aller/retour », faisant se croiser une implication locale et des projets à l’international, Kubilai Khan investigations a pu inscrire de véritables synergies de rencontres, démultiplier ses points de vue et faire contribuer de nombreux regards et paroles en se déployant sur des territoires diversifiés. Des déplacements, des rapprochements, dans « l’usage du mond » comme l’a formulé Nicolas Bouvier.Cette perspective « aller/retour » nous permet de développer dans plusieurs villes en France et sur notre terrain d’adoption, Toulon et sa région, cet élan d’ouvertures en impulsant des propositions multiples dans l’espace public. Formes inédites, trajets, parcours composés in situ, qui invitent le public à renouveler son regard sur le tissu social et la place de nos corps dans la ville.

À l’heure où de multiples réseaux s’entrecroisent, des nœuds stratégiques de flux, transferts et mobilités ultrarapides, dans ce monde multi-polaire qui se dessine, cette dynamique de déplacements reste pour nous un terrain privilégié pour observer les processus de modernisation de plus en plus transitoires, modifiables et contingents, pour observer et écouter les nouveaux usages et visages de ce qui vient.

Depuis sa création, la compagnie a été « artiste associé » auprès de différentes structures et de leur territoire (CNCDC Châteauvallon à Ollioules, Pôle Sud à Strasbourg, l’Arsenal de Metz, La Comédie scène nationale de Clermont-Ferrand, le Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France). En 2011-2013, la compagnie a été en résidence au Théâtre Paul Eluard à Bezons. Depuis 2016, Elle est associée aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et le Théâtre du Beauvaisis, et aussi au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.

Nous développons et avons alors développé dans une relation à la ville, à son urbanité, à son tissu social, des formes spécifiques et appropriées. Nous avons aussi défini des outils de transmission et de rencontres auprès des publics. Nous avons cherché des formulations de nos pratiques qui s’intensifient dans la réalité collective de nos vies quotidiennes. Des corps en présence soucieux d’une relation en prise directe avec la ville.

Comme une micro-politique, comme une micro-géographie, la danse comme un médium de déplacement, de dépassement, un déclencheur d’expériences. Aujourd’hui, Kubilai Khan investigations poursuit son voyage à travers les formes et les plateaux, continue d’hybrider les gestes, de déplacer les lieux de présentation de la danse, des musiques, pour trouver de nouveaux regards. Pièces chorégraphiques, parcours dans les villes, performances in situ, nouvelles constellations... autant d’empreintes sensibles et engagées, de points de vue sur le monde.

 

Frank Micheletti - Chorégraphe
Né en 1966 - France  

 
Il reçoit une formation de théâtre avec Jean-Pierre Raffaelli, travaille avec Hubert Colas et Isabelle Pousseur, puis  décide de s’orienter vers la danse.   
Avant de créer la compagnie Kubilai Khan investigations, Frank Micheletti a accompagné Joseph Nadj sur plusieurs créations en tant que danseur (Le Canard pékinois, Les Echelles d'Orphée, l'Anatomie d'un fauve, Woyzek, Commedia Tiempo, Les Commentaires d'Habacuc) et en tant qu’assistant à la mise en scène pour Le Cri du caméléon réalisé pour le Centre National des Arts du Cirque. D’autres collaborations parallèles se construisent : participation au Crash Landing : séries d'improvisations initiées par Meg Stuart au Théâtre  de la Ville.
 
En 1996, il fonde avec Cynthia Phung-Ngoc, Ivan Mathis et  Laurent Letourneur, la compagnie Kubilai Khan Investigations, et signe comme directeur artistique les pièces du groupe: Wagon zek, dépôt 1 (1996),  Wagon zek, dépôt 2 (1997), S.O.Y. (1999), Tanin no Kao et Yumé (2001), Mecanica popular (2002), Sorrow love song (2004), Gyrations of barbarous tribes - création franco-mozambicaine (2005-2006), Ona  to otoko, Mondes, Monde - Solo, Koko Doko et Akasaka research (2006), Coupures, Mondes, Monde - version quatuor, Maputo, je suis arrivé demain (2007), Constellations temps fort pluridisciplinaire sur 3 jours (2007-2009-2012) et Geografía (2008). Espaço contratempo (2009/2010), Archipelago (2010/2011), Around Us (2011), Tiger tiger burning bright (2012), comme la main s’enroule (2012), Volt(s)Face#1 et Mexican Corner (2013), Your ghost is not enough (2014), Bien sûr les choses tournent mal(2015), no.W.here (2016)..
En 2009, il crée le festival Constellations à Toulon, annuel depuis 2012.

En 2007, Frank Micheletti est nommé Artiste associé pour trois années à la Comédie, scène nationale de Clermont- Ferrand ainsi qu’à L’Arsenal de Metz pour deux ans. En 2008, la compagnie s'inscrit dans le projet «Tremblay, territoire(s) de la danse”, en partenariat avec le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France. en 2016, il entame avec la compagnie deux nouvelles résidences, avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis,  le théâtre du Beauvaisis à Beauvais, les Salins, scène nationale de Martigues, et fut artiste associé de 1999 à 2001 à Châteauvallon.
En 2009, il est accueilli à la Villa Kujoyama de Kyoto, en résidence de recherche et de création.