Roberta Segata, COURTESY Centrale Fies
Italie

Marco D'Agostin

Avalanche

  • Mardi 5 juin 2018  • 19h 30
  • Mercredi 6 juin 2018  • 19h 30

    Théâtre Berthelot

duo • 50 min • création

ENGLISH

According to French philosopher Jacques Derrida, the mal d’archive (“archive fever”) is the destroying force subtended to all conservation and cataloguing projects. The man who archives commits violence towards what mustn’t be remembered; in the time of archive, which is the future, to make sure something will survive it is necessary to kill something else.

In Avalanche, the two protagonists human beings are being observed by the eye of a Cyclops, as millennial dusts preserved in a block of ice. They are Atlases, walking at the dawn of a new planet, after they took on their shoulders the burden of world. The traces of what couldn’t remain act like invisible forces over what has survived and it is now repeated and recalled as a rule, a collection, a list of possibilities. The dance lives in a constant tension between the infinite of enumeration, desperately looking for an outcome, a resolution, questioning the limit, the end.

 

Marco D'Agostin est un danseur à défis. La vitesse, la tension musculaire, la fatigue sont ses matières. Il n'a abordé la danse que tard. A sauté la case "écoles" ; s'est formé directement dans les compagnies (au sein des meilleures, avec les Claudia Castelluci, Alessandro Sciarroni...). Marco d'Agostin est une figure battante du renouveau chorégraphique, enfin en train de secouer la péninsule italienne.

Voici deux ans, il marquait le public des Rencontres chorégraphiques avec son solo affolant, Everything is OK. Découverte. Succès. Tournées. Il revient, affirmé encore, cette fois en duo. Teresa Silva, une fidèle, l'accompagne pour déclencher Avalanche. Elle est portugaise. Mais on devrait entendre au moins cinq langues, dans un torrent de mots, libérés par ce chorégraphe qui a étudié la linguistique, et croque le langage comme une matière physique.

Pourquoi une avalanche ? Pour dire, en tant qu'homme, en tant que femme, en tant qu'humanité, ce qu'il faudrait sauver d'un monde qui viendrait à s'effondrer. Que préserver ? Qu'archiver ? Quels mots ? Mais alors, quels gestes aussi, par centaines, par milliers, qui appartiennent tout autant au savoir du monde. Avalanche sera une pièce torrentielle, jusqu'à épuisement, galvanisée par le recyclage de ses propres matières sonores.

Marco D'Agostin pose cette question : qu'est-ce que serait le fossile d'un être humain, qui ne se réduirait pas à un squelette, mais conserverait la trace profonde de l'humain en soi ? Quand un spectacle de danse vient de se terminer, souvent on ressent que demeure sur le plateau une vibration, toujours pas dissipée. Avalanche dispose les moyens, les mots, les gestes, pour que pareille richesse ne s'éteigne jamais.

Conception : Marco D’Agostin
Interprètes : Marco D’Agostin, Teresa Silva
Création sonore : Pablo Esbert Lilienfeld
Création lumières : Abigaïl Fowler
Assistante à la chorégraphie : Marta Ciappina
Direction technique : Paolo Tizianel
Coach vocal : Mélanie Pappenheim 

Production et diffusion : Marco Villari
Coproductions : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (France), inTeatro (Italie), CCNN - Centre Chorégraphique National de Nantes (France)
Soutiens : Tanzhaus (Suisse), Pact Zollverein (Allemagne), Centrale Fies (Italie), O Espaco do tempo (Portugal), Sala Hiroshima (Espagne), CSC/OperaEstate Festival Veneto (Italie), ResiDance XL (Ravenna, Italie)


La compagnie de danse Van est subventionnée par le Ministère italien de la culture.
 
Avec le soutien de l’Institut Culturel Italien de Paris

 

Parcours de Marco D'Agostin

Artiste polyvalent, Marco D’Agostin est présent aussi bien dans le champ artistique de la danse et du théâtre que du cinéma. Formé en tant que danseur auprès de Yasmeen Godder, Nigel Charnock, Emio Greco/Accademia Mobile, André Gingras, Simona Bertozzi, Sharon Friedman, Jorge Crecis, Rachel Krische, Guillermo Weickert, il a notamment été l’interprète de Claudia Castellucci/Socìetas Raffaello Sanzio, Alessandro Sciarroni, Iris Erez, Liz Santoro, Tabea Martin, William Collins, Sharon Friedman, Giorgia Nardin. Au fil des ans, il a approfondi ses compétences chorégraphiques avec Rosemary Butcher, Tabea Martin, Peggy Olieslaegers, Gitta Wigro, Guy Cools, Lucy Cash, Ginelle Chagnon. Depuis 2010, Marco D’Agostin développe son propre travail chorégraphique, principalement à travers sa participation à des projets internationaux tels que Choreoroam Europe et Act Your Age. Sa pièce Viola a gagné le Prix GD’A Veneto en 2010 et a été sélectionnée par Aerowaves en 2011 et Anticorpi XL 2011. Spic & Span a obtenu la Mention spéciale du Prix Scenario 2011 et let sleeping dragons lie le Prix Prospettiva Danza 2012. En 2013, il crée Last day of all et Last day of M., sur le vieillissement et le passage du temps, dans le cadre de Act your Age. Everything is ok, créée en juin 2015 a été sélectionnée par le réseau Dancenet Sweden pour une tournée en Suède à l’automne 2016.
Marco D’Agostin a également joué le rôle du personnage principal dans Days of Harvest (Italie, 2012), film primé de nombreuses fois. Il a remporté le Prix Giglio d’Argento de la Meilleure interprétation masculine au festival Valdarno Cinéma Fedic en 2012.

 

Aux Rencontres chorégraphiques :
2013 FOLK-S, Alessandro Sciarroni (interprète)