Bozzo
Japon

Ruri Mito

Matou

  • Mercredi 31 mai 2017  • 19h 30
  • Jeudi 1 juin 2017  • 19h 30
  • Vendredi 2 juin 2017  • 19h 30

    Le Colombier

COMPLET LE 31 MAI  

Solo • 17 min

ENGLISH

Matou is a unique concept in Japan. It means “to wear, put on, tangle, roll up” and it is often used figuratively...
“I put on my body. I can not see all of my body for a lifetime. Tissues made up my body, will be renewed, and will vanish someday. The body without contents will not remain, and where the contents without the body go? Like snakes and cicadas, most parts of their outer layer of the skin slough off at once and become new. Although what is left is not a dead body, it still has a perfect shape of the animal and it has no life. Is it an evidence of its life? Is there an evidence of my life?” Ruri Mito.

On voit d'abord un corps apparaître dans une pénombre orangée, jambes écartées, tête en bas, sans visage. Il relève lentement les bras. On peine à comprendre comment il est fait, où est l'arrière, où est l'avant, est-ce un homme, est-ce une femme ? C'est en tout cas une forme, immobile, qui parfois se désarticule et se tend, qui cherche l'espace alors qu'une musique stridente s'élève, de plus en plus aiguë, de plus en plus puissante.


Le corps finit par être propulsé dans la posture debout, comme poussé par une respiration, un élan vite avorté. Le visage apparaît enfin mais pour disparaître de nouveau. Le corps fait un saut de carpe, se soulève et danse, s'immobilise fesses en l'air, fait des roulades, entreprend comme une marche militaire amputée, puis prend possession de l'espace avant de s'arrêter de nouveau et de se replier, de revenir à la lenteur et à la déstructuration.


Dans ce solo, Ruri Mito semble s'employer à faire disparaître la figure humaine pour ne plus se concentrer que sur le corps, sa matérialité, ses formes, explorant les possibles, ceux contenus aussi dans le mot « matou » qui en japonais veut dire à la fois porter, se frotter, rouler, enrouler.


Concernant cette pièce, la chorégraphe et interprète dit : « Je ne peux pas voir tout mon corps de mon vivant. Les tissus qui forment mon corps ne cesse de se renouveler et un jour ils disparaîtront. » C'est ce mystère qu'elle tente d'examiner sous toutes les coutures, se prenant comme objet d'observation, comme un animal qui observerait comment la mue le transforme en quelque chose de neuf.

CHORÉGRAPHIE, INTERPRÉTATION : Ruri Mito
CRÉATION LUMIÈRES : Akiyo Kushida
COSTUMES : Tomoko Inamura
MUSIQUE : Yuta Kumachi
ASSISTANTS : Lena Hashimoto, Eri Watanabe