Henri Coutant
France

Smaïl Kanouté

NEVER TWENTY ONE

  • Jeudi 5 novembre 2020  • 14h 30
  • Jeudi 5 novembre 2020  • 20h

    Théâtre Berthelot

trio • 60 minutes

Création

 

 

 

ENGLISH

NEVER TWENTY ONE… because their lives still matter.
Echoing hashtag #Never21 inspired by the movement BLACK LIVES MATTERS to denounce deaths eroding the discriminated youth of poor neighborhood, Smaïl Kanouté pays tribute to the victims of weapons at New-York, Rio de Janeiro or Johannesburg… dying before their 21 years old. Within an urban atmosphere and shamanism, three dancers revive words and woes of the victims and their families. Through bodies that became graphic sculptures, surfaces of expression and claims, objects of resilience, memorial... as minds wandering, they tell us about their stolen, ripped, sacrificed lives.

 

On pourra toujours rattacher Smaïl Kanouté à un style hip-hop, affûté sous la nef mythique du Centquatre, à l'instar des deux partenaires qui l'accompagnent pour interpréter sa pièce NEVER TWENTY ONE – la deuxième qu'il signe de son nom. Mais on ne pourra pas le rabattre sur les clichés entretenus du genre. Diplômé des Arts décos, plasticien graphiste, styliste dans la mode et le design, il développe volontiers sa danse dans le champ de l'installation et de la performance.

Un magasin new-yorkais fameux, le Forever 21, promet jeunesse éternelle à qui s'affuble de sa ligne vestimentaire. Le hashtag #never21 lui a répliqué, à l'initiative du mouvement américain Black Lives Matter, « les vies noires comptent aussi », crient les proches de jeunes gens fauchés par armes à feu avant même d'atteindre leur majorité, dans des tirs souvent dus à des fonctionnaires censés contenir la violence.

À Paris, Smaïl Kanouté a vécu douze ans à la Goutte d'Or. De là, une collaboration artistique lui a permis de se tourner vers le Bronx new-yorkais, y découvrir une réalité africaine-américaine radicalement différente. Dans un film de danse saisissant, il a restitué sa perception contrastée, depuis des expériences en termes comparés, de la violence sociale. De la mort trop jeune. Cela débouche à présent sur scène, où chorégraphier l'absence soupesée et le vide irrémédiable laissé par l'être enfui.

Il ne s'agit pas d'adrénaline à grand spectacle. La danse de Smaïl Kounaté pratique l'introspection méditative, invente une forme de transe maîtrisée, pour forger et inscrire sur les corps, le langage de son message. Une dignité transcendante y affirme la primauté inentamée d'une urgence poétique. Autant que politique.

 

Projection du court-métrage en continu NEVER TWENTY ONE (7 min) dans le hall des Ateliers Médicis samedi 30 et dimanche 31 mai.
Primé à l'Urban Films Festival 2019, Paris – Prix du meilleur documentaire et au Dance On Screen Festival 2019, Autriche – meilleur film, et réalisé par le collectif RACINE.

Chorégraphie : Smaïl Kanouté
Interprètes : Aston Bonaparte, Yann Brelle aka “Presher Blue” et Smail Kanouté
Regard extérieur : Moustapha Ziane
Création sonore et lumières : Paul Lajus
Scénographie : Olivier Brichet
« Body painting » : Lorella Disez

Production : La Compagnie Vivons!
Co-production : Les Ateliers Médicis –Clichy sous Bois (93), Visages du Monde –Ville de Cergy (95), CentQuatre –Paris (75), Théâtre de la Ville / Danse Elargie 2020 (75), DRAC Ile de France
Partenaires : Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, Les Ateliers Médicis, Le Centquatre Paris, Les Visages du Monde de Cergy,
la MPAA (Maison des Pratiques Artistiques Amateurs), IADU (Initiatives d'Artistes en Danses Urbaines), Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis (France)