© Anne-Laure Lechat
Suisse

Yasmine Hugonnet

LA RONDE / QUATUOR

  • Jeudi 26 mai 2016  • 20h 30
  • Vendredi 27 mai 2016  • 20h 30

    Mains-d'Œuvres

pièce pour 4 interprètes • 55 minutes [création]

ENGLISH

 

A round dance with four bodies. Four dancers who link through reciprocal and reverting gestures. A round dance with faces, backs and movements spinning like a timeline on a vase. A round dance is the space that time needs to transform one dancer into the next. Each one unfurls into the next following a shared dance around a lapse of memory.

    Dans ses trois dernières pièces, Yasmine Hugonnet s’était consacrée au solo. Elle a voulu cette fois se lancer dans une pièce de groupe à partir des mêmes préoccupations : comment concilier un engagement et un abandon intenses dans le même corps et dans le même temps, comment jouer sur les pôles passif et actif, visible et invisible, afin d’observer la métamorphose à l’oeuvre, le voyage du mouvement.


    Elle a choisi pour cela de revisiter la figure de la ronde, cette forme de danse immémoriale qu’on retrouve dans de très nombreuses cultures, l’ambition étant ici de transformer la structure commune, l’architecture elle-même, autant que chaque corps. Dans le silence, qui crée une densité particulière et un espace tactile, les danseurs évoluent selon un principe de réciprocité : chacun est à la fois soutien et soutenu, réceptif et producteur. Quelque chose se déplace entre les corps, même lorsqu’ils sont immobiles ; un espace de résonance s’ouvre. La dimension rituelle de la ronde est ainsi activée simplement par l’attention, la patience et l’engagement réclamés aux danseurs comme aux spectateurs.


    Dans ce quatuor, un carré dans une ronde, il y a toujours quelque chose qui tourne : l’intention, le geste, le regard, la voix… La ronde se resserre et s’éloigne, devient en partie invisible, mais poursuit son déroulement, le même objet se changeant en un autre. Le corps s’affirme et se fait oublier et permet le surgissement des images, la naissance de « l’idée d’un corps ». « Mais ce corps n’est pas celui des danseurs, c’est un corps symbolique, archétypal, social, un corps qui est le lieu de la communication » souligne la chorégraphe.

Compagnie : Arts Mouvementés
Conception, chorégraphie : Yasmine Hugonnet
Danse : Jeanne Colin, Audrey Gaisan Doncel, Yasmine Hugonnet, Killian Madeleine
Création lumières : Dominique Dardant
Costumes : Tania d’Ambrogio
Regard, replays : Ruth Childs
Invité : Mathieu Bouvier

Production : Arts Mouvementés
Coproduction : Théâtre Sévelin 36 (Lausanne), Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint- Denis
Résidence de création et partenaire : Mains d’OEuvres (Saint-Ouen)
Résidence de création : Théâtre Sévelin 36 (Lausanne)
Accueils studio : La Briqueterie — Centre de développement chorégraphique du Val de Marne (Vitry-sur-seine), CND Centre national de la danse (Pantin), Centre culturel suisse (Paris), Arsenic — Centre d’Art scénique contemporain (Lausanne)
Soutiens : Ville de Lausanne, Canton de Vaud, La Loterie Romande, Pro Helvetia — Fondation suisse pour la culture, Bourse de la Société Suisse des Auteurs pour la création chorégraphique, Fondation Ernst Göhner, Fondation Nestlé pour l’Art

 


Avec le soutien du Fonds culturel de la Société Suisse des Auteurs SSA et de Pro Helvetia

 

         

Parcours de Yasmine Hugonnet

Née à Montreux, la danseuse et chorégraphe Yasmine Hugonnet vit et travaille entre Lausanne et Paris. Après une formation en danse classique, elle intègre le Conservatoire National Supérieur de Paris en danse contemporaine. En parallèle, elle s’intéresse à la danse contact, l’improvisation, le Buto et la recherche chorégraphique. En tant qu’artiste, elle s’intéresse au rapport entre forme, image et sensation, à la germination de l’imaginaire, à la (dé)-construction du langage chorégraphique, au processus d’incarnation et d’appropriation. Elle danse pour les chorégraphes Jean-Marc Heim, Luc Petton et Jo Strömgren et intervient comme assistante du chorégraphe pour Superflux de Jean-Marc Heim et Espèces de Rosalind Crisp. En 2003, elle entreprend une recherche autour de la notion de « Présences » au sein du programme de Master en chorégraphie « Dance Unlimited » aux Pays-Bas. Sa réflexion sur le geste est fortement nourrie par ses rencontres avec Odile Rouquet, Peter Goss et Lisa Nelson. Elle crée ses propres projets chorégraphiques dès l’année 2000, d’abord au sein du collectif Synalèphe. Elle travaille à Taïwan avec des artistes non-voyants puis développe son travail personnel dès 2006. Lauréate des Pépinières Européennes pour Jeunes Artistes, elle est artiste en résidence en Slovénie en 2006 où elle crée RE-PLAY, un trio qui sera joué dans plusieurs festivals internationaux, Latitude de pose, un premier solo, présenté notamment au Festival Artdanthé à Paris, puis OF OTHER, A, A ! A ? AA._ des pièces de groupe, sont co-produites par Maska et la Tanzhaus NRW à Düsseldorf. En 2010 elle fonde sa compagnie Arts Mouvementés à Lausanne et produit ensuite trois solos entre 2013 et 2015 : Le Rituel des Fausses Fleurs, Le Récital des Postures, La Traversée des Langues. Yasmine Hugonnet approfondit son travail sur le mouvement de l’attention, l’idée de la Posture comme Réservoir et développe à travers ses processus chorégraphiques une pratique de la ventriloquie. En 2015, sur une invitation de Virgilio Sieni à la Biennale de Venise, elle propose le projet Le Récital des Postures Extensions, qui invite entre 7 et 20 performeurs à s’approprier la partition des 20 premières minutes du Récital des Postures. Depuis 2015, Yasmine Hugonnet est artiste associée pour deux ans au Théâtre Sévelin 36 à Lausanne avec le soutien de Pro Helvetia dans le cadre du projet YAA.