Dispositif Résidence artistique départementale - Département de la Seine-Saint-Denis - Ministère de la Culture

Résidence artistique-Pol Pi

  • Samedi 6 avril 2019  • 16h 30

    Espace Jacques Brel

Dans le cadre d'une résidence artistique départementale en Seine-Saint-Denis, le chorégraphe Pol Pi et les usager.ère.s du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de Romainville, présenteront le travail mené cette année à travers les ateliers chorégraphiques tenus par Pol Pi. 


La restitution sera suivie d'une performance du chorégraphe reprenant son travail intitulé ECCE (H)OMO, (2017).
Passer d’un corps à l’autre, d’une langue à l’autre, d’une histoire à l’autre. ECCE (H)OMO brevis est une version réduite de la pièce ECCE (H)OMO, qui propose une réflexion en acte sur l’héritage en danse au travers d’une interprétation de l’œuvre Afectos Humanos de la chorégraphe allemande Dore Hoyer (1911-1967).

 

 

 

NOTE D’INTENTION

« Une résidence en Seine-Saint-Denis serait pour moi l’opportunité d’expérimenter un lien à moyen terme à un même territoire, me permettant de développer davantage les problématiques de mon travail, déjà très fortement nourries par les rencontres et les échanges avec différents publics.»

Pol Pi
 

CONTENU

Les périodes de création de ses deux précédents solos, « ECCE (H)OMO » et « ALEXANDRE », ont été accompagnées par des rencontres avec diverses publics, à travers une intense activité d’ateliers. Au sein de ces activités, il y a la spécificité d’une démarche entamée depuis la création d’ « ECCE (H)OMO » : à l’occasion de chaque représentation de la pièce, Pol Pi propose aux lieux qui m’accueillent de faire une intervention dansée autour des soli de Dore Hoyer adressée à des publics qui n’ont pas l’habitude d’aller au théâtre, allant les rencontrer dans leurs propres contextes.
La plupart des ateliers qu’il a mené ces dernières années était de courte durée, provoquant chez lui une envie d’approfondir ce cadre d’échanges par un travail sur du long ou moyen terme, ce qui pourra se concrétiser par cette résidence en Seine Saint-Denis. Il envisage pour ce partenariat d’un an, deux actions principales, une liée au processus de création de la pièce 1982 (prévue pour les Rencontres Chorégraphiques Internationales de la Seine Saint Denis 2020 - titre provisoire), l’autre étant une envie d’élargir et partager des réflexions autour de la performance « Me too, Galatée », crée fin octobre 2018 dans le cadre du programme (Re)lectures de la Péniche POP.

À l’hiver 2018 et printemps 2019, auront lieux deux ateliers liés à la performance « Me too, Galatée » , l’un avec des personnes âgées et l’autre avec des enfants de 7 à 9 ans. L’envie ici est celle d’interroger auprès de ces deux groupes comment fabriquer un/des corps, quels sont et ont été nos idéaux de corps, comment nos propres corps ont été formés et formatés, en ayant comme point de départ l’histoire de Pygmalion des Métamorphoses d’Ovide, à laquelle la performance se réfère. Idéalement, l’atelier avec les personnes âgées se passera sur 3 weekends immersifs, ccompagné de Rachel Garcia, collaboratrice artistique de la performance et aussi créatrice costume des pièces « ALEXANDRE » et 1982. Selon l’envie des participant-e-s, une restitution pourrait être envisagée. Pour le travail avec les enfants de 7 à 9 ans, les rencontres se feront en deux fois 3 jours consécutifs, avec 2 ou 2h30 d’atelier à chaque rencontre. Ces ateliers aussi seront menés par Rachel Garcia et Pol Pi . Une restitution est aussi envisageable selon l’envie des participant-e-s.

Quand commencera la période de création de « 1982 », auront lieux des ateliers auprès d’un public lycéen, menés par Pol Pi et par Florian Leduc, créateur lumière des pièces de la compagnie. Le point de départ pour ces rencontres sera le même que celui qui donne naissance au projet, c’est-à-dire, de se poser la question de ce qui se passait au moment où l’on est naît - dans son cas l’année 1982, dans le cas des lycéen-ne-s ce sera plutôt le début des années 2000. Quels liens peut-on avoir avec ces évènements-là, les discours tenus à cette époque, la mode, la musique, le type danse qui se pratiquait en boîte de nuit ou sur les plateaux ? Ces ateliers seront pensés comme un espace collectif de recherche et comme un des chantiers de la création, où l’on pourra élargir l’univers artistique de la pièce. Ils seront idéalement menés dans un théâtre avec accès à la technique, en période d’immersion d’une semaine. Le matin sera proposé un travail physique et réflexif autour de ces matériaux, et l’après-midi sera abordé la mise en scène de ces matériaux, en explorant surtout la lumière et l’espace et comment ça peut faire dramaturgie. Ces ateliers font partie d’un diptyque avec d’autres rencontres que l’artiste mènera avec des personnes nées au début des années 1960 ou fin des années 1950 (c’est-à-dire, des personnes qui ont vécu la période la plus marcante de leur jeunesse au début des années 1980) en partenariat avec le Collectif 12 (Mantes La Jolie).


« 1982 »(trio)

« En 2014, encore au sein du master exerce, j’ai travaillé sur un projet in situ conçu pour le Lavoir de l’Évêché d’Uzès, intitulé « ON» . Ma question centrale alors était de comprendre comment un lieu peut convoquer différents temps, comment donner à voir les multiples couches de temporalités qui s’accumulent dans un espace précis. Puisque les rapports entre espace et temps m’ont toujours beaucoup intéressé, j’ai fini par retourner la question et essayer de comprendre comment un certain moment dans le temps pourrait convoquer à son tour différents lieux. De cette réflexion naît l’idée de 1982, titre provisoire pour un trio dont la création est prévue pour les Rencontres Chorégraphiques de la Seine Saint-Denis en mai/juin 2020.
1982 est l’année de ma naissance et aussi celle des deux autres interprètes avec qui je partagerai la scène. Partant du principe que toute société forme et transforme les corps par ses forces politiques, économiques et culturelles, j’ai envie de sonder quels étaient les rapports aux corps à ce moment précis dans l’histoire. Pour cela, nous allons regarder du côté des danses qui y étaient fabriquées (danses de scène et de rue), des danses qui s’y pratiquaient dans les boîtes de nuit, ainsi que des mouvements sociaux liés à des revendications qui impliquaient le corps et les discours sur le corps. Qu’est-ce que ces façons de danser, de prendre l’espace, de marcher, de parler des corps, etc., disent d’un rapport au monde, d’un contexte politique et social, d’une vision de l’instant présent et des possibles avenirs? Comment ça nous a constitué et en quoi ça nous parle encore (ou pas) aujourd’hui?
Puisque les réponses à ses questions varient bien évidemment selon le contexte géographique choisi, ayant comme point de départ cette année de 1982, l’idée sera de convoquer différents lieux comme dit précédemment, différentes villes/contextes, avec un intérêt particulier pour ce qui s’est passé à la marge des cultures dominantes (voire celles de l’Europe occidentale et des Etats-Unis) ; une envie volontaire de produire d’autres discours sur l’histoire de la danse que ceux qui circulent habituellement.»

Pol Pi.

 

BIOGRAPHIE DE POL PI

Artiste chorégraphique d’origine brésilienne vivant en France, Pol Pi s’intéresse à une compréhension élargie du champ chorégraphique, travaillant autour de questionnements sur la mémoire et la temporalité, le langage, et les notions d’archive et de traduction en danse, avec un intérêt particulier pour l’in situ.
Diplômé en musique à l’Université de Campinas (Brésil), de 2013 à 2015 Pol Pi suivi le master chorégraphique ex.e.r.ce à Montpellier et a déjà été interprète pour Clarissa Sacchelli, Eszter Salamon, Latifa Laabissi / Nadia Lauro, Pauline Simon, Aude Lachaise et Anna Anderegg, Depuis 2010, il développe ses propres projets chorégraphiques, déjà présentés dans plusieurs villes et festivals au Brésil. Il a aussi réalisé et dirigé les 5 éditions du projet « Free to Fall São Paulo » (nuit d’exquises artistiques) et travaillé en tant que musicien professionnel pendant plus de 10 ans. En France, Pol a créé les soli « ECCE (H)OMO » (mars 2017) et « ALEXANDRE » (mai 2018), déjà présentés au Centre national de la danse, Festival Montpellier Danse, Musée de la Danse, Festival NEXT/Espace Pasolini, PACT Zollverein, La Raffinerie/Charleroi Danse, Vivat la Danse et Uzès Danse, entre autres.

BIOGRAPHIE DE RACHEL GARCIA

Rachel Garcia conçoit des environnements plastiques pour la danse contemporaine, le théâtre et les arts plastiques. Elle cherche à questionner la nudité et les limites entre le corps et son environnement matériel, elle axe son travail sur le choix des matériaux et des formes contrariantes, tendant à rapprocher les frontières entre objet synthétique et corps. Elle conçoit également des scénographies en creusant la piste d’une dramaturgie de l’espace plastique, particulièrement avec David Wampach et Pauline Curnier-Jardin qu’elle accompagne depuis de nombreuses années. Elle collabore aussi régulièrement avec Hélène Iratchet, Heddy Maalem, Sylvain Huc et ponctuellement avec Pol Pi, Yuval Rozman, Aude Lachaise, Vincent Thomasset, Robyn Orlin, Julie Desprairies, James Carlès…
A titre de chorégraphe elle a créé avec Marion Muzac le spectacle « Le Sucre du Printemps », qui a connu 3 ré-écritures successives à Dusseldorf, Paris et Ramallah.

BIOGRAPHIE GILLES AMALVI

Gilles Amalvi est écrivain, critique de danse et créateur sonore. Il a publié « Une fable humaine » et « AïE! BOUM » aux éditions Le Quartanier, poèmes-fictions mêlant les genres narratifs. Depuis Radio-Epiméthée, version scénique et radiophonique de Une fable humaine, il se consacre à l’exploration de l’écrit par le matériau sonore. Il a réalisé les lectures sonores de « AïE! BOUM » (MidiMinuitPoésie 2010), « Orphée Robot de Combat » (SONOR 2014), ou encore des Poèmes de Clint Eastwood en collaboration avec le groupe One Lick Less. Parallèlement, il est écrivain associé au Musée de la Danse, et il écrit pour le festival d’Automne, le CND, ainsi que pour les chorégraphes Boris Charmatz, Jérôme Bel, Maud le Pladec, Emmanuelle Huynh, Latifa Laâbissi, Anne Teresa de Keersmaeker, Ivana Müller… Egalement dramaturge, il a collaboré avec les chorégraphes Saskia Hölbling, Nasser Martin-Gousset et Pol Pi, pour qui il a composé la création sonore de Alexandre, et il travaille actuellement au sein du projet Engelsam de Katja Fleig en tant que poète et musicien.

PARTENARIATS ET FINANCEMENTS

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis
Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Ministère de la Culture